[Discrimination en "tous genres"]

LA FABRIQUE DU CINEMA

Si vous ne visualisez pas correctement ce mail, cliquez ici http://www.desimages.be/spip.php?ar... LA FABRIQUE DU CINEMA I. Dégâts collatéraux de la culture 

Cette rentrée 2009 voit l’apparition d’un nouveau ciné-club à Bruxelles dans lequel Des Images est partie prenante. "La Fabrique du cinéma" donc est un rendez-vous mensuel programmé par Philippe Van Cutsem à la Compilothèque et qui se donnera pour objectif de défricher les espaces ouverts par un autre cinéma... Filmer, assembler, élaborer des méthodes, tisser des fils, dénouer pour renouer autrement, faire circuler la parole, varier les vitesses, faire fi des contraintes de production et de diffusion, des carcans normalisateurs, des genres, des cloisonnements… voilà ce qui entre autres anime ce cinéma en devenir. Il s’agit donc de donner à ce cinéma une visibilité ; c’est à quoi ce cycle de projections se propose humblement de contribuer. La fabrique du cinéma, puisque c’est son nom, se voudrait aussi un espace de travail, de rencontre, d’échange et de discussion. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. (Philippe Van Cutsem) (Voir le texte complet ici)

C’est donc le 5 octobre que nous vous donnons rendez-vous avant de poursuivre ce beau mois d’octobre avec le retour de B-docs pour une programmation sur l’immigration, à Liège et à Bruxelles (voir plus bas). Enfin, une annonce pour fêter la sortie en salle et en DVD de plusieurs oeuvres de Denis Gheerbrant, arpenteur des territoires communs à Marseille et au-delà.

Bonne rentrée cinématographique à tous !

Des Images

La Fabrique du cinéma / I. Dommages collatéraux de la culture Première partie

Disneyland, le Premier Boulot de la Bonne David ORTSMAN 7’, 2002 collection Est-ce une bonne nouvelle

A Disneyland, le Pays Magnifique, il y a Mickey, Pluto et Donald qui font jubiler les enfants, et dans Mickey, Pluto et Donald il y a les Cast Members, les jeunes que font trimer le Team Leader. C’est une histoire de Cast Member payé au SMIC au Pays Magnifique.

Le tronçon Yvan PETIT Production Sans canal Fixe Vidéo, 16’, 2006

Journal filmé. L’inauguration d’un tronçon d’autoroute, au cœur des stratégies territoriales, et où le réalisateur découvre à sa grande surprise la présence du Ministre de la Culture.

La chaise Franck GOURDIEN vidéo (téléphones portables) 35’, 2008 Son de Loïc Blairon http://franckgourdien.free.fr/

Gardien de musée le temps d’un été, le réalisateur fait partager son expérience de l’enfermement en se mettant en scène dans ce lieu aussi désert que claustrophobique. L’occasion de réfléchir avec ironie sur le monde du travail et la société surveillée dans laquelle nous vivons.

Deuxième partie

Art Security Service Bernard MULLIEZ 88’, 2006

Au printemps 2005, le promoteur immobilier Robelco, frappe les trois coups médiatiques d’un projet de « revitalisation » des Galeries Ravenstein à Bruxelles. 
Afin de « changer l’image de la galerie », le promoteur invite des galeristes à occuper temporairement des magasins. 
Au soir du vernissage, le dispositif de « revitalisation » apparaît in situ dans toute sa violence sociale. 
Au premier étage, les galeries d’art parées de tous les attributs de la légitimité culturelle. 
Au rez-de-chaussée, les cafés appelés à disparaître et leur clientèle frappée du stigmate de l’indignité. 
Bernard Mulliez mène des entretiens avec les différents intervenants. 
Du côté du monde culturel, outre les formes d’(auto) aveuglement ou de lucidité désabusée, le racisme social des agents les plus compromis avec le promoteur laisse sans voix. 
La violence symbolique exercée contre ceux qui travaillent dans les bars du bas de la rotonde vient redoubler la violence économique, voire policière, décortiquées dans ce film, véritable épure des méthodes employées couramment par les promoteurs immobiliers.

à écouter : entretien avec Bernard Mulliez sur Radio Grenouille

LA FABRIQUE DU CINEMA 1 Dégâts collatéraux de la culture en collaboration avec Est-ce une bonne nouvelle lundi 5 octobre, 19h30 à la Compilothèque 50 quai des Péniches - 1000 Bruxelles p.a.f. 3 €

B-DOCS N°09 - Immigration

Pour la rentrée de « B-docs », trois films racontant des trajectoires contraintes, des vies intimes qui, en se déplaçant, touchent à l’universel...

1. Chronicles#1 Wojtek Kotowicz de Frederik Depickere et Pablo Castilla - 10 minutes - B2006 - Hogeschool Sint Lukas Brussel

Wojtek Kotowicz est arrivé en 2004 en Belgique. C’est après que sa femme est partie avec leur fils que cet immigré polonais a voulu commencer ici une nouvelle vie. Il gagne sa tartine sur les chantiers. La solitude l’amène à conclure que sa nouvelle vie n’est pas meilleure que l’ancienne.

2. Pour vivre, j’ai laissé réalisation collective - 30 minutes - B2005 - Production Gsara

« Septembre 2004 des cinéastes rencontrent un groupe de demandeurs d’asile. Ceux-ci s’emparent de la caméra et filment eux mêmes leur intimité dans ce centre pour réfugiés. » Carton d’introduction du film.

Né d’une démarche militante, concrétisé sous la forme d’un atelier vidéo, le film est avant tout un incroyable acte cinématographique brut qui transcende la dynamique habituelle d’atelier pour accéder, enfin, au cinéma. Car bien au-delà du récit de vie, du constat ou du témoignage, le film travaille une autre dimension, celle du lien, de l’écoute, du « nous-ici-ensemble ». Et par un subtil jeu de miroir, il questionne enfin les frontières de notre regard sur les demandeurs d’asiles, et pose la limite de la compréhension du monde à travers l’unique lorgnette de l’image brute du réel. Un film comme celui-ci, par sa poésie et son épure, ouvre enfin un champ de sens et de lien possible. Ceci n’est pas un film d’atelier au sens classique du terme, où des cinéastes armés du pouvoir de l’outil et de la connaissance du cinéma investiraient un lieu et guideraient des personnes vers l’expression de leurs récits de vie. Ici, on assiste enfin à une réelle appropriation d’une expression poétique, métaphorique, politique... donc cinématographique de leur intimité. Ici les frontières du cinéma d’intervention sociale explosent et un pas essentiel est franchi. (Javier Packer-Comyn)

3. Carnet de notes à deux voix de Rajae Essefiani & Frédéric Fichefet - 34 minutes - B2001 - Artemis Production, KunstenFestival des Arts et Gsara

Ce film est une émeute. Pas de celles que l’on regarde à la télévision. Pas de celle que l’on mate et que l’on oublie. Ce film est une émeute invisible et silencieuse entre une fille et un ministre.

Un matin de septembre, le ministre murmure à l’oreille de la fille : « Je me demande s’il y a un lien entre l’origine ethnique et la criminalité ». La terre tremble, la fille grimpe au mur. Elle pense aux jeunes qu’elle croise dans la rue, elle pense à ses frères, à son père. Oui, elle pense à son père qui ne veut plus la voir, à cette lettre d’archives de 1964 qui invitait les Marocains à venir travailler en Belgique. Et aux années 80 où des hommes politiques lançaient des « à bas les immigrés ».

Et c’est comme un tremblement de terre natale.

En bas du mur, un garçon venu de nulle part la regarde. Ensemble, ils décident de partir en quête d’une histoire belge, celle de l’immigration maghrébine. Un film en plusieurs étapes . Carnet de notes à deux voix en est le prologue.

B-Docs N°09 : Immigration Dimanche 25 octobre 2009 à 18h L’Aquilone - 25, Blvd Saucy, 4020 Liège En présence des réalisateurs (sous réserve) Le même programme sera diffusé à Bruxelles chez Kranfilm la semaine suivante. Kranfilm : 26 Place Saint-Géry, 1000 Bruxelles

Sortie de La République Marseille de Denis Gheerbrant

LA REPUBLIQUE MARSEILLE - Récits d’une ville

Après avoir été présentés au Festival du Réel et aux États Généraux du film documentaire de Lussas... La totalité du monde, Les quais, L’Harmonie, Les femmes de la cité Saint Louis, Le centre des Rosiers, l’Athlétique Saint-Antoine, Marseille dans ses replis et La République. Huit films, huit histoires et huit rencontres avec des quartiers du Nord de Marseille ou une grande avenue du centre de la ville.

Au cinéma à partir du 7 octobre à Paris à l’Espace Saint-Michel, à Marseille à l’Alhambra et ailleurs...

Pour la programmation et les débats, télécharger le dossier de presse et les photos ainsi que voir des extraits, sur www.editionsmontparnasse.fr/larepublique

Parallèlement, les Editions Montparnasse éditent dans la collection « Le geste cinématographique » un coffret « Denis Gheerbrant l’arpenteur » qui comprend : Amour rue de Lappe, Question d’identité, Lettre à Johan Van Der Keuken, Et la vie, Le voyage à la mer. À partir du 6 octobre.

Un entretien avec le réalisateur est écoutable sur Radio Grenouille à cette adresse : http://www.grenouille888.org/dyn/spip.php ?article2241

www.desimages.be Le cinéma dans la ville !